artiste peintre marc leforestier, artiste peintre français et peinture abstraite

Marc Leforestier, artiste peintre, un univers de créations visuelles, parfois... oniriques.

# Exposition

Matières et Perceptions
au cœur de l'expérience picturale

La peinture ne se limite pas à la représentation d'un sujet : elle est aussi une présence physique, une surface où la couleur, la texture et la lumière dialoguent avec le regard du spectateur. 

La matière, qu'elle soit lisse, épaisse, transparente ou granuleuse, donne à l'œuvre sa dimension sensible. Chaque coup de pinceau, de couteau, chaque empâtement ou chaque trace laissée par l'artiste témoigne d'un geste et d'une intention.

 

 

 

La perception, quant à elle, est le processus par lequel le spectateur construit le sens de l'œuvre. Elle dépend de la lumière, de la distance, du mouvement du regard, mais aussi de la mémoire, de la culture et de la sensibilité de chacun. Une même peinture peut révéler des aspects différents selon l'angle d'observation ou l'état émotionnel de celui qui la contemple. Ainsi, la perception n'est jamais figée : elle est une expérience vivante et en constante évolution.
De très nombreux peintres ont exploré cette relation entre matières et perceptions. Les impressionnistes ont utilisé des touches fragmentées pour restituer les variations de la lumière, tandis que les expressionnistes ont privilégié une matière dense et expressive pour transmettre l'intensité des émotions. 
Plus tard, l'abstraction a fait de la matière picturale elle-même un véritable sujet, invitant le spectateur à ressentir la peinture autant qu'à la regarder.

La matière transforme la lumière, crée des reliefs, absorbe ou réfléchit les couleurs. Elle engage le corps du spectateur, qui perçoit autant avec les yeux qu'avec son expérience sensible de l'espace. La peinture devient alors un lieu de rencontre entre l'objet matériel et l'acte de voir. Le regard ne se contente plus d'identifier une image ; il explore une surface, des rythmes, des épaisseurs et des vibrations.

En définitive, matière et perception sont indissociables : La matière donne à la peinture son existence concrète, tandis que la perception lui donne vie dans l'esprit du spectateur.

Entre le geste du peintre et le regard de celui qui observe se construit un dialogue où chaque œuvre devient une expérience unique, révélant que la peinture est autant un objet à voir qu'un espace à ressentir.
(ML)

Artiste peintre français, je suis né en 1959, en Normandie. Après des études à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris suivies d'un cursus appliqué avec Paul Chauchard autour de la créativité (ceci expliquant, peut-être, certains égarements picturaux), j’ai toujours travaillé dans l’univers de la communication visuelle et du graphisme. 
Mon profond attachement à l’art en général, à certaines techniques et à certains artistes en particulier (Kandinsky, Fautrier, Miotte, Rothko,…), ont toujours marqué mes pratiques picturales. Adepte de la peinture abstraite, je suis moi-même collectionneur depuis toujours.

J'explore l'abstraction et l'expressionnisme par le jeu des formes et des couleurs ; elles se superposent, chacune est porteuse d'émotions distinctes, traduites par des textures et des teintes contrastées.Les nuances expriment une passion contenue. Ces œuvres incarnent un équilibre entre réflexion et impulsion, invitant à une introspection silencieuse.
Dans mes créations, j’ai opté pour une technique, dite “mixte”. J’emploie de nombreuses matières : des liants, plâtres, enduits transformés, encres de chine, peintures acryliques et aquarelles, pastels, fusain, crayon, pigments naturels, vernis, cires et collages.  Compositions sur toile de lin, papiers de création ou bois.
Peintre certifié et coté peinture Akoun et i-cac - (Book 2020)

Peinture et abstraction...
Tout comme la musique, le langage et l’écrit poétique, la peinture dispose d’un grand pouvoir d’abstraction. Elle détourne l’instant avec une certaine légèreté, mais toujours avec conviction ; par peinture j’entends parler de la peinture moderne.
Abstraite mais si proche d’une réalité, non celle que l’on imagine évidente ou inévitable et encore moins celle que l’on cherche à imiter, mais celle de l’imaginaire transgressif du peintre et des Hommes.
L’art abstrait révèle toujours quelque de chose de profond et de propre à chaque artiste ; c’est un parcours où chaque couleur devient lettre et où chaque forme, chaque épaisseur y prospère.
Chaque tableau est un recueil de conscience, d’indignation, de colère, d’incompréhension, de rêves, de doutes, d'espoirs, de beauté, de pensée, de joie, de sensibilité, de tristesse, souvent d’illusions ou, tout simplement, de volonté de vie. 
(M L)

 

“ Il y a dans la peinture de Marc quelque chose de fondamentalement rassurant, au sens plein du terme : 
elle rend à chacun son équilibre. 
Le paradoxe est que cet aplomb qu’elle nous restitue tient à toute une série d’antagonismes ; ou peut-être est-ce précisément en raison de ces oppositions entre surface et profondeur, matière et légèreté, transparence et opacité, éclat et obscurité, qu’elle nous donne cette certitude d’une totalité aboutie.
Grandes ou petites, les compositions de Marc exhibent toujours un en-deçà d’elles-mêmes, une densité d’existence qui semble venir d’avant leur expression picturale, comme si le pinceau ou le couteau avait saisi l’intention significative au moment précis de son surgissement, avant que la conscience ne l’organise trop et pourtant, cette désignation des origines se voit aussitôt contredite par un ostensible travail de la pure surface des pâtes et des pigments, en grattages, raclages, incisions légères et inscriptions de tous ordres, lettres, chiffres ou silhouettes élémentaires. 
C’est aussi que cette superficie a une épaisseur où puisse s’imprimer le signe, une présence substantielle, consistante : Marc pratique volontiers le matiérisme, associe libéralement empâtements, fragments de bois, et collages divers, sans jamais en revanche donner la sensation d’une instance massive. C’est ici, malgré la taille imposante de certaines œuvres, la légèreté qui domine, une façon d’allégresse, une communicative apesanteur, « sans rien qui pose ou qui pèse ». 
Quant à ce que veulent dire ces graffites, qu’à l’occasion l’artiste lui-même affirme d’inspiration ethnique, il n’est pas sûr qu’il faille l’en croire, ni à tout prix leur donner un sens et réintroduire l’anecdote concertée au sein d’une création qui doit surtout sa grâce à la spontanéité joyeuse. 
A ces effets de transparence, où les aplats dominants laissent souvent affleurer les polychromies sous-jacentes, il est au contraire plaisant, sinon conforme à l’esprit de cet art, d’affronter les opacités de l’écriture épithéliale. 
D’autant que les tonalités de quelques pièces y invitent, dans l’association paradoxalement harmonieuse d’une noirceur quasi goudronneuse et du vibrant éclat des couleurs chaudes, dans le spectaculaire conflit de frottis charbonneux et de plages lumineuses - comme autant de pages blanches, usurpées par ces dessins dont les enfants dans leur élan créateur couvrent les surfaces les plus inattendues, ou les moins autorisées.
C’est cette juvénile vigueur, cette invention sans complexe, combinée à une science accomplie de la disposition, une technique très sûre, et le brio de la facture, qui donnent à la peinture de Marc son essentiel mouvement. La sérénité qu’elle nous confère est une sérénité conquise : oui, elle nous rassure, mais cela ne veut décidément pas dire qu’elle est de tout repos. “

Alain Le Gallo, universitaire, critique d’art.

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